Projets Dernier Cri - Projet de BD (style : roman photo) ou de court-métrage (film d’animation)
Dernier Cri La maison de Marta

L’idée de départ est de travailler sur la multitude d’images d’êtres humains qui nous entoure.
Nous sommes en permanence regardés par des centaines d’yeux figés sur des panneaux, des magazines, des imprimés divers. Ils sont souvent la représentation de ce que nous devrions être, de ce que nous devrions ressentir, de ce que nous devrions penser.

Partant de cette considération assez commune que les images nous envahissent, nous nous sommes amusées à imaginer ces personnages à deux dimensions comme des alter ego, autonomes, vivant dans un monde ayant ses propres codes. Un monde qui ressemble très fort au notre mais auquel il manque une dimensions. Un monde à plat.
Insatisfaits de leur sort comme nous le sommes du notre, ils essaient eux aussi de « mieux être ». Pour cela, ils tentent de se rapprocher de ce qui leur fait face : nous.
Ils ont réussi à acquérir la dimension qui semblait leur manquer ; ils sont en volumes. Déchirés, recollés, chiffons, mais en volume. Ils ont donc une apparence presque humaine. Ils ne sont plus plats, ils sont remplis de vide.

À quoi aspirent-ils ?
Que signifie pour eux le bonheur ?
Comment gèrent-ils les rapports humains ?
Que font-ils de leur journée ?
Comment réagissent-ils aux événements de la vie quotidienne ?

Dans cette courte histoire, nous nous sommes intéressées à un couple en crise. Quelque chose ne va plus. Cela, ils l’analysent, comme nous pourrions le faire. La différence est dans la solution qu’ils se proposent d’amener à ce problème : changer la tête de la femme, ternie par les ans, devrait donner un nouveau souffle à leur amour.

Les personnages :
Le mari est un homme d’une bonne quarantaine d’années. Solide, sûr de lui, il est patron d’une petite entreprise de comptabilité. Il porte un costume sombre, mais sans cravate : c’est un jour de congé. C’est lui qui prend les choses en main ; c’est surtout lui qui semble vouloir changer la tête de sa femme. Le timbre de sa voix est très bas, son débit lent, posé. Il est habitué à prendre la parole en public, il est à l’aise : cela s’entend dans son grommelo.
La femme est une femme effacée, peu sûre d’elle, qui cherche surtout à satisfaire son mari. Son personnage est le seul à avoir une tête en noir et blanc ; ses vêtements sont aussi dans des tons pastels. Elle n’est pas de la première jeunesse, semble même un peu défraîchie. Sa voix est fluette, timide, hésitante. Elle ouvre rarement la bouche, et lorsqu’elle le fait, elle est à peine audible.
La vendeuse est comme les deux autres personnages, un stéréotype, une figure : celle de la vendeuse, lookéé, dynamique, hyper communicative, pleine peps, mignonne à croquer… Sa voix est suraiguë, irritante, elle semble ne s’exprimer que par formules sorties directement d’un manuel de vente.

Les trois voix sont très différentes les unes des autres, tant par leur timbre que par leur rythmique.Cela nous permettra à la fin,tout en gardant son timbre initial, de faire parler la femme avec les intonations de la vendeuse.(Cf.: travail sonore).
Ceci n’est que le début d’une recherche passionnante sur les us et coutumes des humains plats revolumisés.
Nous projetons de poursuivre plus avant nos investigations.

Point de vue technique :
Le papier est central dans ce travail ; autant du point de vue de la forme que du sens.
Image :
Tout est fabriqué en papier. Les trois personnages sont exclusivement constitués de photos provenant de magazines.
Les décors et accessoires sont également en papier.

Son :
Il n’y a aucun dialogue à proprement parler. Les personnages ont une voix, mais s’expriment dans un langage inintelligible, une sorte de borborygme que nous appellerons grommello.
Les accentuations et les intonations donnent le sens. Les voix sont celles de comédiens, mais un retraitement du son donnera un aspect papier :mat, raclant…

La technique utilisée pour la réalisation de ce court-métrage sera celle de l’image par image-8 images seconde. En effet, son rendu saccadé, chaotique, nous semble tout à fait approprié. Il rendra en animation l’impression shooting.
Sans utiliser de façon direct les techniques visuelles et sonores des spots publicitaires des grandes griffes vestimentaires- rythme rapide, séquences courtes, personnages beaux, jeunes, sexy ; musique – nous souhaitons tout de même évoquer cet univers, le détourner.

L’idée originale et la fabrication sont de Natacha Belova et Emilie Plazolles.
La musique et le travail sonore seront confiés à Pierre Jacquemain.

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© Natacha Belova ~ costumière ~ marionnettiste ~ plasticienne ~ all rights reserved